samedi 20 décembre 2008

538. liste de livres-cadeaux

Je ne sais plus combien de fois j'ai soupiré parce qu'il y a infiniment plus de livres "catho et gay" parus en anglais qu'en français, et du manque criant de fonds pour traduire cette littérature souvent venue d'Outre-Atlantique. Ce n'est pas mon délicieux ami chez "le papa de Bambi" qui va me contredire... Nous avons eu cette discussion "entre cathogay" des dizaines de fois...

Ceci dit, pour votre information, voici une liste de livres en anglais qui pourrait vous donner envie de contribuer à ce grand mouvement de traduction. Et comme c'est la période des fêtes, peut-être voudrez-vous les offrir à quelqu'un de vos amis qui parle la langue de Madonna et de Diana Ross...

Commençons avec de l'humour: "Since My Last Confession: A Gay Catholic Memoir" (litt. Depuis Ma Dernière Confession: Journal d'un Gay Catholique), publié par Scott Pomfret en juin 2008 (dans sa version "chère"). Scott Pomfret est surtout connu pour des livres tantôt comiques et drôles, tantôt utiles et drôles (comme son "Guide of Cocktails" dans la série "Q Guides"), tantôt franchement "chauds" et drôles, tantôt romantiques et drôles (et notamment sa série baptisée "Romentic Novel"). Certains écrits avec son partenaire Scott Whittier (comme l'histoire de leur rencontre et l'éloge des "plans Q", ou "one night stands" puisque c'est ainsi que leur grand histoire d'amour a commencé). Scott Pomfret tient un blogue, souvent plein d'humour, à cette adresse.


Deuxième proposition, toute l'indispensable série de James Alison, dont "grâce à Dieu", un premier ouvrage va être publié bientôt en français aux "éditions du papa de Bambi". Mais en anglais, on trouve notamment les excellents: "Faith Beyond Resentment - Fragments Catholic and Gay" (trad. Une Foi qui dépasse le Ressentiment), paru en 2001. Puis, en 2003, l'encore meilleur "On Being Liked" (trad. Être Apprécié). Et les autres qui ont suivis. Je n'ai pas de mots assez forts pour vous conseiller d'urgence de lire ces livres (et de prier pour leur traduction en français). Je signale qu'une traduction en italien de ces deux livres est parue dans un volume unique sous le titre: Fede Oltre il Risentimento. Peut-être d'ailleurs qu'un éditeur français pourrait partir de la version italienne.


À la question de savoir "comment peut-on être gay et catholique?", il n'y a pas qu'une seule réponse. Et j'ajouterais même: il n'y a pas une réponse définitive pour chacun. Car après tout, la réponse à la simple question "pourquoi suis-je catholique?" n'est jamais vraiment trouvée. D'où l'intérêt d'un livre qui recueille quelques 30 témoignages de cathogay: "Sons of the Church: Witnessing of Gay Catholic Men" (trad. "Fils de l'Église: témoigner des hommes catholiques et gay"), un livre de Thomas Stevenson paru en février 2007. On parle de la foi des enfants, des adolescents, des adultes, des couples, des séniors, etc.



Dans un genre semblable mais plus ancien (paru en 1990), le livre d'un père carme, Peter Liuzzi, qui a dirigé pendant une décennie à Los Angeles la pastorale de l'archidiocèse vers les minorités sexuelles, un livre qui vaut surtout pour découvrir quelle était l'espérance que les prêtres engagés dans cette pastorale avaient à l'époque, dans les années 80-90 (on pourrait presque parler de "préhistoire", tant les temps ont changé, en pire). Il s'agit de "With Listening Hearts: Understanding the Voices of Lesbian and Gay Catholics" (trad. Avec des Coeurs à l'écoute: Comprendre les voix des Catholiques gay et lesbiennes). Peut-être que ce grand et beau projet pastoral va redevenir d'actualité, on peut l'espérer.

C'est en 2003 que paraissait ce qui pour moi est un petit bijou de témoignage catholique: celui de parents qui s'estiment bénis d'avoir reçu la grâce d'un fils gay ou d'une fille lesbienne. Une affirmation qui est d'ailleurs exprimée dans le titre: Fortunate Families: Catholic families with lesbian daughters and gay sons, un livre écrit par Mary Ellen Lopata (en collaboration avec son mari Casey Lopata), tous les deux co-fondateurs de l'association du même nom Fortunate Families. J'ai beaucoup d'admiration pour ce qu'ils font, et la lecture de leur bulletin mensuel est souvent une vraie source d'espérance.



On ne peut nier que l'Église Catholique Romaine centre toute sa réflexion sur les "actes homosexuels" et nie même l'existence de relations d'amour entre homosexuels (parlant de "pseudo amour" et de "pseudo couples"). Sur ce point, les faits et les témoignages donnent tort aux théologiens catholiques homophobes (même de bonne foi). Mais il manque une récolte de témoignages à grande échelle, notamment dans le monde francophone. Pour le monde anglophone, je cite seulement un livre publié en 2004: "Acts of Faith, Acts of Love: Gay Catholic Autobiographies as Sacred Texts" (trad: Actes de Foi, Actes d'Amour: regarder les autobiographies de cathogay comme des Textes Sacrés), par Dugan McGinley. Je suis sûr qu'une couverture avec ce titre en français dans une librairie francophone ferait pleurer de joie certains "garçons hyper-sensibles" que je connais...


Restons dans les témoignages, avec cette fois celui d'un prêtre et de son cheminement entre sa vocation sacerdotale et de la découverte de son identité homosexuelle. Il s'agit du père Paul Murray et de son livre "Life in Paradox: The Story of a Gay Catholic Priest", paru en 2008. Clairement, un livre qui explique que le fait d'accepter son homosexualité change le regard que l'on a sur Dieu, sur l'être humain et sur l'Église. Un regard qui pourrait devenir une richesse de toute l'Église, si elle voulait s'en rendre compte et la recevoir.




Du sacerdoce à la sainteté, il n'y a qu'un pas. S'il y a eu des homosexuels catholiques à toutes les époques, il faut bien que certains d'entre eux aient atteint la sainteté (même si le mot "homosexuel" n'a été forgé que récemment). Beaucoup, dans le monde homophobe, trouvent que c'est le comble de l'anachronisme de dire qu'il y a eu dans le passé des saints homosexuels. Et que c'est même insultant vu, même s'il y a eu de très fortes affections entre deux hommes ou deux femmes parvenus à la saintenté, on peut affirmer que ces saints ont vécu la plus parfaite chasteté voire cla plus totale ontinence. Là encore, une ignorance crasse du fait que l'homosexualité n'est pas d'abord une affaire de sexe mais une affaire d'amour et de don de soi. Pour en découvrir davantage sur cette "sainteté gay", voici par exemple: "Sanctity and Male Desire: A Gay Reading of Saints" par Donald L. Boisvert et publié en 2004. Il est aussi l'auteur d'un autre livre sur un sujet semblable, on pourrait dire sur des "saints inconnus": "Out on Holy Ground: Meditations on Gay Men's Spirituality", paru en 2000. Donald Boisvert est aussi l'auteur d'un livre plus difficile qui tort le cou à l'amalgame entre prêtres violeurs d'enfants ou d'adolescents et prêtre homosexuels, plus généralement l'amalgame honteux et insultant entre homosexualité et pédophilie. Il s'agit d'un livre paru en 2005, "Gay Catholic Priests and Clerical Sexual Misconduct: Breaking the Silence".



Enfin, terminons littéralement avec un ouvrage encyclopédique. Le genre de livre qu'on ne lit jamais en entier mais qui permet de se mettre à jour sur certaines terminologies: "Homosexuality and Religion: An Encyclopedia" paru en 2006 et écrit pas Jeffrey S. Siker. Il est bien sûr questions de toutes les formes de religion, pas seulement le catholicisme, et d'ailleurs la comparaison est souvent passionnante.




Là dessus, Joyeux Noël ! Gardez-moi dans vos prières et vos saints sacrifices !

mardi 16 décembre 2008

537. rencontres oecuméniques catho et homo

Nul doute que vous ayez entendu parler des 31èmes rencontres internationales de Taizé qui auront lieu cette année à Bruxelles, fin décembre.





Comme des milliers de familles bruxelloises, je me suis proposé pour accueillir l'un des participants. Il se fait qu'il s'agit de "garçons sensibles" uniquement...

D'ailleurs, je suis prêt à en accueillir l'un ou l'autre de plus, ou bien à trouver du logement (chez des amis) pour ceux qui le voudraient.

Plus largement, ma porte est grande ouverte aux catho et homo qui seraient à Bruxelles pour cette grande rencontre de Taizé. Un simple email, et on pourrait se faire un petit repas ou prendre un verre en ville.

N'hésitez pas à le dire autour de vous, d'ailleurs, si vous connaissez des "cathogay" qui seront des nôtres à ce moment...

Ceci dit, indépendamment de cela, je suis prêt à parier que, sur les quelques 30 à 50 mille participants attendus, il y aura quelques milliers d'homo... C'est inévitable...

Quel dommage que rien de spécifique ne soit prévu pour qu'ils se rencontrent, prient ensemble et rendent ensemble gloire au Seigneur pour leur foi et leur vie chrétienne...

En attendant le jour...


Le comble, si l'on peut dire, c'est que l'un des éléments centraux de décoration pour l'immense lieu de prière au Heysel, c'est... l'arc-en-ciel...





mardi 2 décembre 2008

536. on en revient au beurre et à son prix

La France fait partie de la quinzaine de pays qui proposent aux Nations-Unies de bannir toute pénalisation pour motif d'orientation sexuelle, rappelant par la même occasion que 90 pays criminalisent encore l'homosexualité et une dizaine lui appliquent même la peine de mort.
Par contre, le Vatican s'oppose à ce document. Pas question que l'Assemblée Générale propose à tous les pays membres de s'engager dans la dépénalisation de l'orientation sexuelle.
Et vous savez pour quel motif? Parce que ce serait (je cite le père Lombardi, porte-parole du Vatican) ouvrir la voie à une discrimination de ceux qui pensent que le mariage devrait rester strictement hétéro.
Ai-je bien compris? Le Vatican s'oppose à la fin de la permission légale de battre, emprisonner voire exécuter les homo au nom de la défense de la liberté d'être homophobe? On croit rêver...
Je n'ai rien contre la liberté de penser. D'un autre côté, mettre dans la balance d'une part la sécurité quotidienne (physique et mentale) de millions d'homo qui craignent parfois pour leur vie, et d'autre part la liberté d'opinion, c'est vraiment cruel. Quelle triste impression cela donne de l'Église: la défense des principes passe avant le soin des personnes...
Mais le porte-parole du Vatican, le père Lombardi, va plus loin: il veut le beurre et l'argent du beurre (et le sourire du crémier). Il ne veut pas être taxé d'homophobe puisqu'il rappelle que, toujours pour le Vatican, pas question de commettre la moindre violence contre les homo, pas question de leur appliquer le moindre châtiment. Le Vatican insiste. Au moins, en cela, il se distingue de certains états musulmans qui s'opposent à la dépénalisation de l'homosexualité, surtout pour continuer à exécuter ou à emprisonner les homo.
On peut être contre les homosexuels sans être homophobe, en gros. Refrain connu.
Malgré tout, cette homophobie "light" du Vatican tient de moins en moins bien la route. On ne peut pas à la fois dire dans tous les discours que l'homosexualité est un danger pour les familles, les sociétés et les jeunes, et en même temps dire qu'on s'oppose à toute forme de manque de respect vis à vis des homo.
Et publier des documents ou dire qu'ils sont de vrais dangers publics pour les familles et les jeunes, c'est respecteux peut-être? Ce n'est pas une calomnie de la pire espèce? Ce n'est pas une insulte violente faite aux minorités sexuelles?
La liberté de penser que les homo sont des anormaux, des pervers, des dangers pour la société et la jeunesse, qu'ils sont une insulte au plan de Dieu depuis les origines du monde, que leurs couples sont de pseudo couples et que, quand ils s'aiment, c'est un pseudo amour, et bien cette liberté de penser s'appelle en fait de l'homophobie. Le Vatican est homophobe, à la face toutes les nations rassemblées. Et si le terme "homophobe" leur semble insultant, qu'ils s'y fassent. Le nier n'y changera rien.

lundi 1 décembre 2008

535. la taupe et le paravent

Je continue à dire du bien du blogue "Observatoire de l'Hétérosexualité", non parce que je suis d'accord avec tout ce qu'écrit Louis-Georges Tin, mais parce que je trouve qu'il s'agit souvent de bonnes recherches, voire même de points de vue originaux sur les questions, notamment, de sexualité et de religion. Ainsi par exemple, une note du 25 novembre, "Le Christianisme est-il Hétérophobe", qui revisite une série de positions doctrinales de l'Église du premier millénaire sur la sexualité.
En lisant la note du 1er décembre, journée mondiale contre le sida oblige, j'ai appris plein de choses sur les prises de position successives des groupes homophobes, notamment catholiques, sur la lutte contre le sida. Faut-il ou non s'y engager, quand on est chrétien ou catholique? Ainsi, dans la note Retour sur «le mythe du sida hétérosexuel», on voit que le fait que le sida se soit répandu en dehors du cercle des homosexuels a été un longue source de débats pour savoir si, oui ou non, il fallait lutter contre cette maladie ou au contraire la minimiser. Tant que la rumeur disait qu'il ne touchait que les homo, les drogués et ceux qui avaient une vie sexuelle de débaûchés, on était à l'aise avec l'idée de dire que le sida n'était que la punition du péché, donc laissons-le faire.
Dans le monde catholique, on peut citer aussi la position de ce cher Mgr Toni Anatrella, qui (au début de ce millénaire) décelait «dans n’importe quelle campagne de prévention, fût-elle la plus soucieuse d’escamoter les homosexuels du champ de la représentation, la promotion subreptice d’un "modèle homosexuel" caractérisé par la banalisation de la sexualité».
En gros, pour cet homophobe catholique patenté, lutter contre le sida, c'est toujours, en fin de compte, promouvoir l'homosexualité (qui, faut-il le rappeler, est un des dangers majeurs pour les familles, les nations et pour les jeunes, en plus d'être une insulte au plan créateur de Dieu, et bla bla bla).
La lutte contre le sida, c'est la taupe du lobby gay infiltrée pour saper les valeurs morales de chasteté, de vie sexuelle uniquement à l'intérieur du mariage. C'est le paravent de messages sur la promiscuité sexuelle, en particulier juvénile, sans parler de l'adultère. Discours connu, d'un simplisme à faire peur.
Sans exagérer et en restant poli, cet homme et ceux qui ont diffusé de telles idées ont littéralement la mort de milliers de gens sur la conscience, y compris en Afrique et ailleurs. Car avoir conseillé aux hiérarques catholiques de ne pas s'engager dans la lutte contre le sida parce qu'elle pourrait faire, ne fut-ce que subrepticement, la promotion de l'homosexualité, c'est tout simplement criminel. C'est de l'homicide par omission. L'Église Catholique, étant donné sa force morale, l'étendue de son réseau d'associations et de centres médicaux, le nombre de centres universitaires de recherche qu'elle anime, sa capacité à influencer les autorités publiques, aurait pu être un moteur magnifique de lutte contre le sida. J'ai la prétention de croire qu'une mobilisation du monde catholique aurait déjà vaincu la maladie à ce jour...
L'homophobie tue des gens. Directement ou indirectement. Et dans ce cas-ci, elle n'a même pas l'excuse d'avoir tué des homosexuels vu qu'il s'agit d'énormes populations de sidéens, en grande majorité hétéro.
En plus, je m'interroge sur cette obsession à trouver l'ombre du fameux lobby gay en toutes choses... Quand on a une idée fixe à ce point ancrée et permanente, est-ce qu'on ne devrait pas se poser de grave questions? Or, l'homosexualité est devenue une idée fixe au Vatican et chez de nombreux penseurs catholiques...
Pour ma part, je salue tous ceux qui luttent contre le sida, même si c'est avec des méthodes parfois contestables (par exemple chez Act'Up) et je prie de tout coeur que cette saloperie de maladie s'éloigne de nous à tout jamais.

samedi 22 novembre 2008

534. les milices thomistes

Une brève de l'AFP (relayée par La Croix) nous apprend que l'Église Orthodoxe Russe veut se doter d'une "milice", mise sous la Haute Protection de l'Apôtre Saint Thomas (je n'arrive pas à trouver pourquoi), et qui sillonnerait la Grande Terre Russe pour fustiger les "moeurs inqualifiables" qui s'installent dans les villes et les villages. Face aux "bandes" de voyoux et de malfaisants, il est temps, dit le communiqué, que les vrais Chrétiens se lèvent et combattent.

Et ceux qui pensent que les pédé seront les premiers à se ramasser la bastonnade au Nom de Jésus ne se trompent pas du tout.

Ceci dit, les Jeunesses Communistes ne sont pas en reste. Le tabassage de pédé fait aussi partie de leurs randonnées dominicales habituelles.

En fait, elles existent déjà, ces milices thomistes. Plusieurs paroisses (à Moscou et en province) entretiennent ouvertement des camps d'entraînement pour jeunes "patriotiques et religieux", notamment regroupés dans un mouvement de nazillons baptisé "union des citoyens orthodoxes".

Depuis des années, ces nazillons tabassent littéralement tous les rassemblements d'homo russes, sous le regard absolument indifférent de la police. On m'a raconté aussi de véritable raids sur des bars ou des endroits gay. Et le comble, c'est que ce sont les victimes (blessées parfois gravement) qui se retrouvent inculpées pour "atteinte à l'ordre public".

La vue de ces bastonneurs, rangés en troupes hurlantes et vociférantes derrière des prêtres en étole et chasuble, derrière les icônes les plus sacrées du Christ, de la Mère de Dieu et de tous les saints de la Mère Russie, jette le froid dans le dos. Combien d'heures ces jeunes ont-ils passés à faire grandir une haine telle du pédé qui justifie que le sang doive couler.

Plusieurs participants "occidentaux" à ces manifestations en sont sortis en sang. Je crois me souvenir d'un député du Bundestag...

Si j'étais un homo russe, je crois que je serais terrorisé par ce déferlement de haine. Et que le Seigneur soit mentionné dans les prières qui précèdent la bastonnade, c'est pour moi tout simplement un blasphème.

Les homo sont qualifiés de "pleurnicheurs", et donc des sous-hommes, parce qu'ils n'ont pas assez de courage pour résister aux bastonnades. Je ne vais pas faire dans un "culte des martyrs" facile. Mais tout de même...

Et quand on pense que c'est notamment dans la lutte contre les homosexuels que les autorités catholiques et orthodoxes russes se sont rapprochées ces dernières années...



533. reloger au confessionnal

En cette période de l'année, le souci pour les "personnes sans domicile fixe" revient, et je lisais hier qu'on en dénombrait officiellement plus de 2.000 à Bruxelles. Une situation vraiment lamentable, surtout à l'approche de la grande opération commerciale des fêtes de fin d'année.
Si j'osais, je dirais qu'en termes spirituels, il est probable que beaucoup d'homo catholiques soient dans une situation semblable : ayant l'impression d'avoir perdu leur maison spirituelle ou ne l'ayant jamais trouvée. Pour ne citer qu'un exemple : la fête de la Sainte Famille est souvent l'occasion, dans les paroisses, de bénir les familles et les foyers. Mais qui va bénir les familles homo et leurs foyers? J'espère que je n'aurai pas droit, comme l'an dernier, à la plus totale manifestation d'hétéronormisme durant la période de fêtes, en particulier dans ma paroisse.
Néanmoins, pour en venir au point de cette note, il y a eu des moments où les cathogay ont cru qu'une place leur était faite. Je l'ai vécu à Los Angeles, lors du lancement du "Ministry with Lesbian and Gay Catholics" par le cardinal Roger Mahony (avec une insistance sur le "with"). On était en février 1986 et il semblait normal d'imaginer un avenir lumineux pour les minorités sexuelles dans l'Église Catholique. Plus encore, il pouvait sembler que les Catholiques seraient à la pointe dans ce domaine.
Hélas, quelle régression !
C'est l'excellentissime site cathogay italien Gionata ("Jonathan", dans l'idiome dantesque) qui m'a rappelé cette période californienne. Je dis "excellentissime" à dessein, vu qu'ils ont eu la bonne idée de me faire l'immense honneur de traduire et de poster certaines de mes notes sur leur site. Encore merci, tout l'honneur est pour moi. C'est bien le moins que je puisse faire que de vous parler régulièrement de leurs productions.
Et notamment de la traduction d'un article assez ancien (août 1998), dans lequel le Carme Peter Liuzzi, présentait la pastorale des minortiés sexuelles à Los Angeles. Certaines de ses phrases laissent un goût amer, rétrospectivement. Voici quelques exemples: "Tous se souviendront que, dans le passé, le seul endroit où devait résider un homosexuel, c'était dans le confessionnal. Il s'agissait d'un péché particulièrement honteux. Mais tout cela, c'est du passé!" (soupir de votre serviteur)
"Dans le futur, continue le père Liuzzi, on pourra parler de l'homosexualité en chaire même si certains trouveront que c'est un sujet un peu dépassé vu la place publique que prendront les gay et les lesbiennes dans les paroisses.
Mais peut-être que certains ignorent aujourd'hui qu'il y a de plus en plus de paroisses aux USA qui s'ouvrent aux minorités sexuelles.
Certains disent aujourd'hui que la pastorale pour les homosexuels est le résultat d'une ignorance et d'une peur résiduelles dans le chef des autorités catholiques. Si elles connaissaient bien la situation, elles n'en feraient pas une pastorale particulière. Elle ne devrait donc pas exister mais se fondre dans la pastorale générale.
D'autres sont aussi d'avis qu'elle ne devrait pas exister. Mais ce sont ceux qui pensent que la seule maison qui doit accueillir des homo, c'est le confessionnal. Ou même le divan du psychiatre.
Heureusement, la tension entre foi catholique et connaissance personnelle des gay est en train de disparaître. Que ce soit la tension vécue par des parents d'homo, ou leurs amis. Sans surprise, l'homophobie vient surtout de ceux qui ne connaissent pas de personnes homosexuelles personnellement.
J'ai connu et j'ai été au service de personnes homosexuelles pendant la plus grande partie de ma vie sacerdotale. Je dirige ce département diocésain depuis neuf ans et pour moi l'homosexualité n'est pas une idée abstraite. Le contexte de l'homosexualité, c'est d'abord la famille, ce lieu où l'on s'aime, où l'on se préoccupe les uns des autres. Et l'Église se met résolument du côté des homosexuels quand elle leur offre le baptême, par exemple. Voilà pourquoi il est maintenant impossible d'exclure de l'Église des gay ou des lesbiennes.
Certes, un conservateur véritable se doit de tout faire pour conserver et protéger les grands mystères de la foi. Pour sa part, un vrai progressiste se doit de prouver que la foi chrétienne est toujours actuelle et toujours à ré-inventer pour l'époque actuelle. Une Église que ne serait gouvernée que par des conservateurs ou des progressistes va à sa ruine. Il y a donc une sorte de "radicalisme centriste" qui convient très bien pour désigner l'attitude qui doit être la nôtre. Un radicalisme centré sur l'appel urgent de l'Écriture et de la Tradition à regarder le Christ et à en faire notre Seigneur et notre Maître, aujourd'hui. D'où aussi l'innovation ou le développement dans la doctrine, une fois que la tension entre conservateurs et progressistes est passée.
Un exemple de tension extrême: d'un côté, ceux qui disent qu'on ne pourra parler d'acceptation des homosexuels par l'Église que lorsqu'elle acceptera le mariage gay. Et de l'autre, ceux qui disent que l'homosexualité étant un péché, il ne devrait pas y avoir une pastorale pour les homosexuels."
Mais je trouve que le passage le plus important est quand le père Liuzzi rappelle, pour les lecteurs de l'article, quelle est la position de l'Église sur l'homosexualité. Ceux d'entre vous qui savent ce qui se passent aujourd'hui vont tout de suite comprendre pourquoi je parle de régression. Voici ce que dit le bon Carme en 1998:
"Clairement, l'Église reconnaît qu'il y a des personnes qu'il existe une orientation homosexuelle. C'est un fait, pour l'Église, même si les origines de cette orientation ne sont pas encore scientifiquement établies. Dès lors, puisque l'Église Catholique accepte ce fait évident, on n'est plus dans la logique du péché et de la confession. Et cette différence en terme d'orientation explique pourquoi il faut une pastorale différente et adaptée.
Le Catéchisme de l'Église Catholique nous enseigne que l'homosexualité se réfère à des relations entre hommes ou entre femmes qui font l'expérience d'une attraction sexuelle exclusive ou principale pour des personnes de leur sexe. Cette définition est importante car elle utilise des mots au contenu positif, comme "relation", "expérience", "exclusif". Il n'est d'ailleurs pas fait mention d'une activité sexuelle. Voilà qui est un message positif clair de la part de l'Église: l'homosexualité est une question de relations entre personnes, et non pas de relations génitales ou sexuelles entre corps humains.
L'Église enseigne clairement (sic) que l'homosexualité n'est pas une chose que l'on choisit mais que l'on découvre en soi. La seule chose qui soit de l'ordre du choix, c'est le style de vie que l'on désire."
Aujourd'hui, hélas, au vu de la doctrine actuelle de l'Église, cette interprétation optimiste du père Liuzzi semble presque comique. Pourtant, même le cardinal Mahony utilisait des termes similaires.
Régression, je vous dis. Ou alors, c'est qu'on s'est bercé d'illusions pendant une ou deux décennies.
Si le père Liuzzi tenait de tels propos aujourd'hui, il se ferait proprement incendier par Rome. D'ailleurs, à ce que je sache, la pastorale des homosexuels est pratiquement moribonde à Los Angeles (officiellement pour des raisons de restrictions financières), à part la belle cérémonie pour les 20 ans du département. Une cérémonie à laquelle le cardinal Mahony brillait par son absence, au contraire de celle du lancement en 1986.
Quant à père Liuzzi lui-même, il a eu sur le dos une campagne de calomnies sans noms, y compris des rumeurs de pédophilie. Le tribunal l'a blanchi plus d'une fois mais vous savez les dégâts de la rumeur.
Pour l'instant, donc, les homosexuels sont redevenus des "sans domicile fixe", à moins de considérer qu'une présence fréquente confessionnal est l'équivalent d'une place à table. C'est un peu comme si on disait que les rats et les cafards ont leur place dans la maison.
La seule bonne chose de cet accès de nostalgie, c'est qu'en matière de pastorale des minortiés sexeulles, il faudra peu de choses pour reprendre les choses où nous avons été obligés de les laisser...

vendredi 21 novembre 2008

532. morale kantienne à la louche

Je vous disais du bien, hier, d'un blogue hébergé par le journal "Libération" et dont le titre est "Observatoire de l'Hétérosexualité". Ainsi que du talent et de l'humour de Louis-Georges Tin (qui écrit bien, et avec compétence) et de celui d'Ariel Martin Pérez (qui illustre).
Leur note du 13 novembre revient sur l'annulation en appel de la condamnation du député français Vanneste, pour homophobie. Je ne connais pas bien le dossier ni les raisons de la décision judiciaire. Mais Louis-Georges Tin souligne le raisonnement que tient le député Vanneste. Un raisonnement somme toute bien ancré dans la tradition chrétienne, et en particulier dans la morale selon ce cher bon Kant. Un philosophe allemand qui reste une référence dans l'enseignement de la philosophie, en particulier dans les séminaires catholiques.
En effet, l'argument central de Vanneste, qui se souvient des cours de philo qu'il donne, est le suivant: « l'homosexualité est inférieure à l’hétérosexualité. Car si on la poussait à l’universel, si tout le monde faisait pareil, ce serait dangereux pour l’humanité ».
C'est en effet un résumé typique de la morale kantienne: une chose n'est vraiment bonne moralement que si tous peuvent la faire. Kant cherchait une sorte de "fondement" de la morale, le roc à la base de son futur édifice intellectuel. Or, logiquement, si tout le monde était homosexuel, il y aurait un "danger" pour la survie de l'espèce humain. Donc, la doctrine chrétienne majoritaire (issue de Kant) ignore volontairement et totalement la notion de "majorité" et de "minorités" pour ce qui est du comportement moral. En très gros, ce qui est vraiment moral, c'est ce qui est valable pour tous.
Les détails, les cas particuliers, c'est de la pastorale, pas de la morale. Autre sous-entendu: la pastorale est la branche "mineure", par rapport à la morale, comme un technicien est soi-disant "inférieur" à un ingénieur...
Je sais qu'un philosophe hurlerait à mon manque de nuances, mais faisons comme si la morale kantienne était simple...
C'est de toute façon exact que la doctrine catholique actuelle part de ces bases-là. Encore une fois, en très gros traits, l'homosexualité serait une négation de l'hétérosexualité. Une sorte d'opposition active ou de rébellion. Et donc un danger gravissime puisque toute "promotion" de l'homosexualité met en danger l'espèce humaine. C'est même un hurlement à la face du Ciel et une insulte au plan créateur de Dieu, pour être complet.
Mais les auteurs de ce blogue que je découvre sont un peu plus humoristiques que moi: ils se demandent s'ils n'y a pas d'autres comportements "défectueux" dans l'Église.
Et bien sûr, à commencer par le commandement de célibat et d'abstinence complète pour les prêtres. Dès lors, bonne question: ce commandement ne tombe-t-il pas sous le coup de la morale kantienne?
On peut d'ailleurs parler des invitations très fortes de saint Paul lui-même à rester chastes voire abstinents "pour le Royaume", comme lui-même (qui n'hésitait pas à se citer en exemple). Mais si tout le monde pratiquait l'abstinence, n'est-ce pas une catastrophe?
Pour ma part, nul doute que les préjugés philosophiques de l'homophobie (active chez un Vanneste, plus feutrée chez les hiérarques catholiques) viennent d'une application un peu étroite de l'éthique kantienne. De cette prétention à dire que "le bien" est forcémment une chose universelle ou au moins universalisable. C'est très "19ème" et je crois en effet que le 20ème siècle n'a pas encore franchi certaines portes d'églises ou de diocèses.
Quelqu'un en bonnet rouge (et ce n'est pas le Père Noël) n'a-t-il pas répété sur tous les tons que le grand danger pour la foi catholique est le relativisme?

jeudi 20 novembre 2008

531. tester les testeurs de testeurs

J'ai découvert récemment et avec plaisir, un blogue hébergé par le journal "Libération" et dont le titre est "Observatoire de l'Hétérosexualité". Tout un programme! Beaucoup de talent, et d'humour, chez Louis-Georges Tin (qui écrit) et Ariel Martin Pérez (qui illustre).
Et, à la date du 31 octobre, on peut lire une Lettre à Benoît XIV pour lui faire remarquer tout ce qu'il a oublié dans sa "fameuse" décision de promouvoir les tests psychologiques pour les candidats au séminaire. Je ne vais bien sûr pas vous la copier, cette lettre: ce serait perdre le style épistolaire. Mais je trouve que, comme souvent, l'humour ne cache que très peu de très sérieuses considérations.
Ainsi, par exemple, la lettre cite la fameuse phrase (qui est prise comme une vérité indubitable): «trop d’inaptitudes psychiques, plus ou moins pathologiques, ne se manifestent qu’après l’ordination sacerdotale». Je dirais: faut-il garder telles quelles des formations au sacerdoce qui produisent ce genre de résultats? Sans exagérer cet adage: "on connaît les habitants d'une maison en regardant dans leur poubelle".
Dès lors, c'est très bien de cadenasser l'encadrement des séminaristes. Mais suis-je le seul à me dire qu'il est tout aussi urgent (sinon plus) d'aider ceux qui sont en pleine "carrière"? Ma longue pratique de la tchatte m'a prouvé une chose: la solitude et la tristesse affective des prêtres est sérieuse, parfois même quelques mois après l'ordination (quand le tout jeune prêtre quitte la chaude communauté des séminaristes). Et qu'on ne vienne pas me dire que leur vie hyper active en est la cause! Au contraire, j'ai de plus en plus tendance à croire que ceux, dans le clergé, qui se jettent dans une vie hyper active cachent en fait le désir d'éviter certaines vraies questions spirituelles que le calme les forcerait à affronter (à commencer par une remise en question). Je trouve aussi de plus en plus louche cette façon de chanter les louanges de ces hyper actifs qui s'agitent et s'épuisent dans plein d'oeuvres mais dont on doute qu'ils fassent un vrai travail... Le jour où les prêtres ne confondront plus s'épuiser et travailler...
Autre question que pose la lettre au pontife: "je souhaiterais vous mettre en garde. En effet, s’assurer de l’hétérosexualité des séminaristes, c’est bien, mais il faudrait d’abord s’assurer de l’hétérosexualité des psychologues qui sont censés les évaluer". Voilà qui est bien pensé! Et j'ajoute même: l'équilibre psychologique et sexuel de ces examinateurs, qui y pense? J'ai des choses à dire (et je les ai d'ailleurs écrites) sur l'équilibre mental et affectif de certains experts auto-proclamés de l'homosexualité dans l'Église...
Qui va vérifier que ces vérificateurs ne sont pas eux-mêmes bourrés de préjugés ou de traumatismes sexuels? Peut-être que ce sont des homo en plein déni, et donc de parfaits homophobes. Peut-être que ces vérificateurs sont des efféminés en plein refus de leur identité sexuelle, qui vont traquer les efféminés sous prétexte que ce n'est pas bon pour les séminaires de se remplir de "follasses". Peut-être que ce sont des aigris sans amis qui vont prendre des amitiés viriles entre garçons pour des tendances répugnantes. Peut-être ces psychologues ont-ils choisis ce domaine d'activité parce qu'ils sont des victimes de prêtres violeurs d'enfants et qu'ils cherchent une forme de revanche sur les homosexuels ou sur le clergé.
Et une fois qu'on a vérifié ces vérificateurs, il faudrait (pour la bonne mesure) vérifier les vérificateurs de vérificateurs.
Plus encore, suggère la lettre, faudrait-il que le Vérificateur en Chef, celui-là même qui demande cette vérification psychologique dans les séminaires, se fasse vérifier... Suivez mon regard... Je me demande si tous les évêques réussiraient ce test de leur masculinité.
Et, écrit la lettre avec une pointe d'humour, si c'est une légende qu'on vérifie la masculinité des nouveaux papes (la légende de la papesse Jeanne), on pourrait tout de même imaginer que les nouveaux hiérarques soient testés avant de coiffer la mitre... Car ça ne le ferait pas du tout que les homo ne puissent entrer au séminaire alors qu'un autre est bien assis dans la cathèdre, crossé et bagué, mitré et herminé, encensé et escorté. Avant de faire passer des examens à des séminaristes, je propose qu'on les teste sur un synode ou un consistoire!
Autre avertissement dans la lettre: après avoir réglé le sort des jeunes hommes à "tendances", ne faut-il pas s'attaquer de front à cet autre grand signe d'un énorme problème mental, celui que les experts dénoncent depuis des siècles... Celui qui rend sourd... Mais oui, vous avez deviné: la masturbation! La littérature de séminaires abonde sur l'énorme et l'épouvantable danger que la masturbation ou la simple érection réprésente pour ces jeunes gens!
Encore une fois, suis-je le seul à me demander ce qu'il y a dans l'inconscient d'hommes (souvent célibataires et septuagénaires) qui s'inquiètent tellement de la vie sexuelle des jeunes? Voyeurisme? Envie? Nostalgie? J'ai lu que certains inquisiteurs se délectaient littéralement des récits que leurs faisaient les victimes de leurs tortures. Une vie par participation quand la sienne est devenue vide?
Je pense au proverbe anglais: "It takes one to know one" (qu'on peut traduire par le très infantile: "c'est celui qui le dit qu'il est"). Ou dans la tradition française: "Les anciens braconniers font les meilleurs gardes-chasse". Que ces hiérarques se chargent d'abord des prêtres qui ont leur âge! Ils n'ont vraiment rien d'autres à faire que de revenir à une époque où la chasse à la moindre activité à caractère sexuel était la préoccupation numéro un des patrons de séminaires?
Même l'excuse de la lutte contre le clergé violeur d'enfants ou d'adolescents est une piètre excuse. Il faut le vouloir vraiment pour encore ignorer l'absence de lien entre orientation sexuelle et préférences sexuelles: les préférences sexuelles (pour les jeunes, les vieux, les gros, les exotiques, les violents, ...) sont autant présentes chez les homo que chez les hétéro. Une étude belge vient d'ailleurs de montrer (à la faveur de la journée mondiale de l'enfance) que quatre maltraitances d'enfants sur cinq ont leur origine dans le cercle familial restreint.
Mais la lettre au pape se termine avec une question qui, selon moi, est la plus importante: le Vatican croit-il vraiment que les jeunes homo (qui s'ignorent ou qui se connaissent) n'ont pas appris dès le berceau à spontanément et presque sans effort mentir, tricher, dissimuler et anticiper toutes les questions sur leur orientation sexuelle? Cela fait des siècles que les homo, et en particulier les cathogay, mentent même à ceux qui leur sont le plus proche: leurs parents, leurs amis, leurs collègues, leurs supérieurs,... Une question de vie ou de mort, littéralement. Et je ne vous parle même pas de ceux qui se mentent à eux-mêmes pendant des décennies et qui se persuadent qu'ils sont hétéro, parfois même faits pour le mariage hétéro et la procréation naturelle....
N'est-ce pas le mensonge qu'il faut détruire et non ceux qui s'en servent pour se protéger? La Bonne Nouvelle à annoncer à ces candidats au sacerdoce, n'est-ce pas justement de leur annoncer qu'ils n'aurant plus jamais à mentir sur leur orientation sexuelle? que servir le Christ, c'est pouvoir enfin vivre dans la lumière et la vérité?
Je vous parlerai bientôt d'une autre note de ce blogue, celle sur la morale kantienne....

mardi 18 novembre 2008

530. avoir plusieurs vies

N'étant pas Québécois (quel dommage!), je ne connais pas vraiment Raymond Gravel, ancien prostitué, ancien drogué, devenu prêtre, puis député. Et à la suite de sa non réélection aux dernières législatives, il va retourner à son ministère sacerdotal.


Sans connaître son caractère ou sa carrière politique (sans parler de sa compétence), je trouve que son parcours est particulièrement fascinant. Certes, il est fréquent que des personnes "médiatiques" soient aussi, à dire le moins, des caractères difficiles à vivre.


Néanmoins, au-delà des ambiguïtés sans nom pour un prêtre qui est aussi un élu politique, je trouve qu'il y a quelque chose d'important à ce qu'un prêtre gay, surtout avec un passé comme le sien, dispose d'une tribune médiatique. Il est clair que, quand il parle de mariage homo ou bien d'homoparentalité, sa parole a du poids. Tout autant que ce qu'il pourrait dire concernant les dossiers difficiles de la drogue ou de la délinquance juvénile.


Malgré tout, il doit avoir un certain prestige personnel, le Père Gravel, puisque les pompiers de Montréal l'ont prié de devenir leur aumônier. Je suppose qu'il va accepter. Que celui qui n'a pas vu le calendrier des pompiers montréalais lui jette la première pierre...

Surtout, je voudrais bien que mes "honorables correspondants" de la Belle Province, me tiennent au courant de l'évolution de sa carrière, spécialement sous le pontife actuel. Certes, un évêque précédent a pris sur lui d'accepter le Père Gravel au séminaire (on ne l'aurait pas fait aujourd'hui) et de lui confier un ministère sacerdotal. Je me demande (tout en admettant que je suis pessimiste) si un prêtre homo aussi médiatique et avec autant de caractère ne va pas tout doucement être poussé vers la sortie...


lundi 17 novembre 2008

529. des bisoux de musée

Je parle rarement de mon "vécu", comme on dit aujourd'hui, au contraire de beaucoup de pédé-blogueurs qui ont le talent d'utiliser ce qu'ils ont vu ou entendu comme base de leur inspiration. Ce n'est pas mon style, c'est tout simple.


Dès lors, cette petite note que je vous présente aujourd'hui est une rareté. Je vous raconte une petite expérience personnelle: Samedi dernier, j'ai visité une splendide exposition qui se déroule actuellement au Musée du Cinquantenaire (déjà un endroit passionnant à visiter, qui fait partie des Musées Royaux d'Art et d'Histoire). Il s'agit de l'exposition Continental Superstar qui présente d'orgues de barbarie, ou plutôt de ces meubles (parfois immenses) qui se trouvaient dans les kermesses, les cafés et les salles de danse.


J'étais moi-même avec un sympathique couple d'homo hollandais que je connais depuis des années et qui venaient à Bruxelles pour le week-end. Pour la petite histoire, ils venaient spécialement pour l'exposition, tant il est vrai que les grands orgues mécaniques de kermesse sont encore une véritable institution aux Pays-Bas. C'est donc avec curiosité que j'ai appris que la Belgique est encore le pays numéro un pour la "machinerie", même si les grands experts du "meuble" (et donc de l'art et du design) sont les Italiens et les Allemands.


Et voilà que, pendant ma promenade, j'arrive dans un angle un peu à l'écart, pour observer des pièces plus anciennes, datant d'avant l'électricité, les orgues mécaniques encore à manivelle.


Je tombe, tout à fait par hasard, sur un couple de très jeunes "garçons sensibles" qui, à première vue, ne m'avaient pas vu arriver. Ils sont adorables, tout à fait décoratifs, cultivés et clairement amoureux. L'un des deux se rapproche de l'autre et lui fait un joli bisou dans le cou. Tout à fait charmant.


Et, horreur, il remarque que je suis là. Du coup, ils s'éloignent l'un de l'autre d'au moins 50 centimètres et font semblant de lire attentivement les explications écrites à côté de chaque instrument, l'un celui de gauche et l'autre celui de droit. Me voilà dans le rôle du "casseur d'ambiance" et même probablement de l'homophobe.


J'ai été à deux doigts de leur dire: "Mais surtout ne changez rien pour moi! Soyez vous-mêmes! Soyez heureux! Vous êtes magnifiques". Mais vous savez quoi? Moi aussi je me suis senti gêné. Et je suis passé à côté d'eux, faisant de mon mieux pour faire "semblant de rien".


D'où ma réflexion: Je n'aime pas vivre dans un monde où l'on a le droit de dire que l'amour de ces deux garçons est sale, honteux, et doit rester clandestin. Ce n'est pas bien qu'ils doivent vivre dans le mensonge. Ce n'est pas bien qu'on nous oblige à cette vie de rats et de cafards. Surtout quand il s'agit d'aimer, de montrer son amour. L'amour est fait tout autant pour la nuit que pour le jour et la pleine lumière.


Est-ce que le monde dispose d'une telle quantité d'amour manifesté en pleine lumière qu'il puisse se passer de celui des homo? Et je ne vous dis pas ce que je pense de la doctrine officielle de l'Église qui parle d'un "pseudo-amour", d'une attitude qui "singe l'amour véritable qui ne peut être qu'hétéro"...


Je comprends ces jeunes qui, lors des différentes Gay Pride, se livrent à une véritable "orgie" de baisers mouillés en public, avec la langue en plus! Qu'au moins une fois par an, disent-ils, ils puissent s'embrasser dans LEURS rues, dans LEURS villes, sous les rayons d'un soleil qui, après tout, leur appartient autant qu'à d'autres. Mais je ne suis pas vraiment étonné (juste déçu) que les images qui font frémir les homophobes sont justement celles de deux hommes qui s'embrassent. Pas pour rien que ce soit le sujet central du monument berlinois aux victimes homosexuelles du nazisme, un moment très vite vandalisé.







Je rêve donc du jour où, non seulement ce jeune couple pourra se bécoter dans les coins, mais où ils n'auront pas peur ou honte de me voir arriver. Et surtout qu'ils me regarderont en souriant, et moi aussi.

Ce jour-là, le monde ira mieux.